Par Julien Heckler, élève à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr *** – Le nouvel ordre international (I)

L’histoire des relations entre les États et les peuples sont au cœur des esprits depuis la création de notre civilisation et ceux entre guerre et paix. Avant la puissance il y a le pouvoir. Il s’incarne en droit interne dans le gouvernement de l’État qui représente « l’unité de commandement »[1]. Les relations entre les États sont appelées « internationales ». Les relations de pouvoir entre les États sont des relations de puissance.

Dès l’antiquité, les Grecs, les Romains ou encore les Chinois incarnaient des cultures et des façons de penser, somme toute, différentes. Ils entretenaient des relations amicales, commerciales et également conflictuelles. L’unification du bassin méditerranéen par l’armée romaine a joué une part essentielle dans la création d’un monde homogène. L’instauration des droits féciaux sur la décision des guerres justes ou injustes ou encore le droit des gens, pour régler les relations courantes ont permis d’instaurer des procédures d’arbitrage et des protections diplomatiques. Des lors, de nombreux traités furent signés, soit pour préparer une guerre (traité concluant une alliance) soit pour en terminer une (traité de paix). Nous pouvons donc prendre pour exemple :

  • Le traité délimitant les frontières entre Umma et Lagash en Mésopotamie. Ce traité vise à passer des accords marchands et à exempter des droits de douane pour l’importation d’une certaine quantité de bois ou de cuivre ;
  • Le traité d’amitié entre Ramsès II et le Roi des Hittites incluant une clause de non-agression et d’assistance mutuelle prévoyait ainsi l’extradition réciproque des réfugiés égyptiens et Hittites ;
  • Le traité stratégique militaire : « L’art de la guerre» du Général chinois Sun Zi rédigé au VIe siècle avant J.-C. durant la guerre permanente entre les « royaumes combattants ».

Le siècle d’après, un nouveau facteur vient prendre place dans les relations internationales. Même si elles étaient déjà fortement présentes, les religions dominent désormais les pensées pendant une grande partie du Moyen-Âge. Le christianisme devient la religion officielle dans le monde romain de l’Empire en 380 après Jésus-Christ. Il sera reconnu sous Charlemagne au travers de la reconnaissance de la supériorité du Pape. L’Islam commence son expansion par la conquête de l’Afrique du Nord en 622 avant de poursuivre en Espagne et en Sicile et de s’arrêter à Poitiers en 732, éclatant et divisant ainsi l’espace euro-méditerranéen sur le plan religieux. Au fur et à mesure du temps et de l’avancée de l’histoire, le royaume de France fondé par Capétiens en 987 préservant les prétentions impériales autant que papales se voit morceler. La civilisation et l’expansion des châteaux forts sont l’illustration que l’entité de base n’est plus au royaume mais bien à la seigneurie. L’union personnelle entre les différents souverains joue une part importante dans les différentes alliances et par l’agrandissement des territoires (par exemple le mariage entre le Roi de France Henri 1er et Anne de Kiev, fille du Grand-Duc de Russie en 1049), des relations se créent entre l’Occident et l’Orient. Progressivement, la guerre privée entre les seigneurs cède le pas aux guerres entre royaumes. Un droit de guerre se développe pour les réglementer et mettre fin aux hostilités. Pendant toute la durée du Moyen-Âge, l’Église jouera un rôle essentiel en propulsant dans les territoires l’art, les universités ou encore les foires marchandes. Le latin sera alors la langue commune à tous les hommes laïques mais également aux clercs. De nouvelles langues nationales se forment à partir du bas latin comme l’italien, l’espagnol ou encore le français ; ainsi que des langues barbares[2] comme l’anglais, l’allemand…  (…)

 

Lire la suite de cette première partie en version pdf (29 pages) >>> Julien HECKLER – Le nouvel ordre international (Partie I)

 

*** Cette série de trois documents est issue du mémoire de recherche de Jukien Heckler, qu’il réalisa en fin d’études à l’Université de technologie de Troyes (UTT) et qui porte sur la place des opérations spéciales dans les conflits demain. Dressant un état des lieux historique de l’évolution des puissances, des menaces et des forces spéciales dans le monde, elle se présente en trois parties, chacune vous proposant un extrait introductif en vous dirigeant vers le document intégral accessible en version pdf : 

I. Le nouvel ordre international (29 pages) 
II. Guerre et stratégie : comment combattre dans les guerres de demain (21 pages)   
III. Les forces spéciales dans le monde (19 pages). 

 

Photo © https://www.contre-info.com/le-nouvel-ordre-mondial-sappuie-sur-le-nouvel-ordre-regional


Notes de bas de page

[1] L’essence du politique (1965) – Julien FreundParis-  Dalloz – « Bibliothèque 2003 ».

[2]Issu du grec ancien « Bar-Bar », ce mot signifiait alors « non grec ». Utilisé durant l’antiquité, il servira à dénoncer des peuples migrants n’appartenant pas à leur civilisation et donc en l’occurrence ennemi.