Par Julien Heckler, élève à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr *** – Les Forces spéciales dans le monde (III)

Il est difficile de tracer une histoire précise des Forces Spéciales (FS). En effet, depuis la nuit des temps, des unités spécialement formées ont été utilisées. Nous pouvons prendre l’exemple du guerrier hébreu biblique, Gédéon, pour l’utilisation des attaques surprises conduites de nuit en l’an 1245 avant JC, l’Iliade et l’Odyssée à travers les actes d’Ulysse, Hannibal[1], la guerre de Cent-Ans, les guerres de Religions ou encore la Première Guerre mondiale. Mais ce n’est véritablement que durant la Seconde Guerre mondiale que les premières opérations spéciales effectuées par des forces désignées et institutionnalisées au sein des forces armées sont apparues. Si l’on reprend, de façon globale, le principe des opérations spéciales consiste donc à déployer de façon efficace et le plus modestement possible, un groupe d’individus très entrainés et prêts à faire face à un adversaire plus puissant en attaquant ses points faibles et/ou ses points sensibles en trouvant le talon d’Achille de l’ennemi, de sa stratégie et de son organisation. Il s’agira alors par la suite de tirer un maximum de profits en y engageant une action forte, en un lieu très précis et en un temps très court avant de disparaitre.

Dans le Monde, les Forces Spéciales (FS) britanniques sont un modèle historique donnant naissance à la création de d’unités FS dans beaucoup de pays. En effet, très tôt, l’armée britannique a dû être confrontée à des situations de guérilla ou d’insurrection urbaine comme c’est le cas en 1899 dans la guerre du Boers ou encore en Irlande durant le début du siècle. C’est donc en partie pour cette raison, et face à des situations insulaires que les Britanniques ont toujours privilégié des actions de guerre avec des stratégies indirectes et des méthodes, somme toute, non orthodoxes.

En été 1940, les britanniques se retrouvaient seuls face à une Allemagne qui contrôlait alors une grande partie du continent Européen. Ne disposant pas encore du soutien des États-Unis, c’est sous l’impulsion de Winston Churchill que les britanniques ont décidé de reprendre l’initiative en utilisant les techniques de combats non conventionnelles des Afrikaners[2]. Combats particulièrement adaptés à la mentalité des britanniques, ils décident alors de créer des petites unités non conventionnelles et très performantes sur le terrain. Ce n’est donc pas moins de vingt et un commandos relevant de la British Army et neuf des Royal Marines qui furent créés, intervenant dans des raids sur les continents européen et africain, mais aussi au Moyen et Extrême-Orient. Ces petits groupes devaient donc être capables d’opérer en autonomie complète pendant quelques jours en procédant à des actes dispersés et isolés. Au fur et à mesure de leurs évolutions, ces groupes ont été engagés au cours des débarquements pour emporter les défenses adverses puis se replier au sein des régiments pour assurer des reconnaissances ou une réserve d’intervention. Ces commandos furent donc utilisés principalement dans des assauts amphibie ou terrestre. Parallèlement à cela, Winston Churchill décide de créer le ‘Special Operations Executive’ (SOE)  en charge de multiplier les actions de sabotage et de guérillas sur les arrières ennemis. Le SOE fut constitué sur deux structures existantes à savoir la section D du MI6 créée en 1936 pour les actions de sabotage et de destruction et le Military Intelligence/Research (MI/R) chargé d’étudier l’ensemble des techniques de guérilla dans le monde. Les tâches de ce nouveau service étaient donc le sabotage militaire et industriel de la machine de guerre de l’ennemi Nazi mais également la propagande, l’assassinat de dirigeants militaires et civils ennemis et la constitution de mouvements de résistance armés dans les pays d’Europe. Pour ce faire, l’ensemble des moyens était autorisé à savoir des ateliers et laboratoires secrets, des lieux pour la confection de fausses identités, d’armes mais également de bombes… Un arsenal de moyens fut mis à leur disposition pour maintenir leurs réseaux de liaisons avec les résistants répartis dans l’Europe[3]. Les actions de ce service ne se limitaient pas seulement à l’Europe mais opéraient aussi de l’autre côté du monde où des groupes résistants participaient à l’entrainement à l’ennemi Japonais sous le nom de Force 136 basé au Moyen-Orient. Toutefois, ce service fut controversé par un bon nombre de personnes. En effet, leurs opérations eurent pour conséquences de renforcer la vigilance des services et de l’armée allemande, ce qui perturba fortement les services de renseignements de l’Intelligence Service. Le SOE permit de faire éclore de nombreuses autres unités spéciales et notamment au cours de l’opération MI9[4] qui avait pour objectif de constituer des réseaux d’évasion à travers l’Europe occupée. Pour ce faire, elles inclurent des ressortissants et créèrent ainsi des unités constituées de Français, de Belges avec pour célèbre unité le Special Air Service (SAS).

C’est à l’automne 1941 que les Forces Spéciales (FS) modernes sont nées. David Stirling, officier au sein de la Layforce rédigea un rapport de sa chambre d’hôpital à la suite d’un accident de parachutisme. Ce rapport destiné au Général Auchinlek affirmait qu’entre les différents commandos intervenant sur les théâtres ainsi que les hommes en civil du service de renseignement, il était nécessaire de créer une nouvelle unité, qui pourrait avoir la capacité de réaliser des raids stratégiques à destination du haut commandeur pour pouvoir influencer directement sur les actions de déroulement global de la guerre. L’une de ses idées majeures était qu’au lieu de déployer deux cents hommes, comme le recommandaient les doctrines, sa méthode suggéra de n’en déployer que quelques-uns surentrainés utilisant des méthodes peu orthodoxes et agissant toujours par surprise. Il préconisa que ces petits groupes devaient être autonomes pour ne dépendre que très peu du soutien logistique et ainsi ne pas dépendre des moyens de transports facilement repérables. Pour cela, ils devront être capables d’opérer à partir de bases secrètes situées derrière les lignes ennemies, puis de les harceler dans la durer en entrainant des maquis[5] et guérillas locales. L’ensemble des personnes recrutées devra disposer d’un haut niveau de qualification. Les opérations, tout au long de la guerre en Europe mais également contre l’Afrika Korps, donnèrent un aperçu des capacités stratégiques de cette unité. Au retour de la paix, ces unités du SAS furent dissoutes le 5 octobre 1945. Toutefois, l’originalité et l’esprit des FS purent être conservés au sein du 21st SAS[6] appartenant alors à une unité de l’armée territoriale ayant un profil peu orthodoxe.

C’est alors que les Forces Spéciales vont commencer à intervenir et à être reconnues. Entre 1950 et 1952, le SAS connu une phase de montée en puissance progressive et parfaitement erratique. La menace soviétique les invita à mener une étude sur leur stratégie définie en deux missions :

  • des insurrections profondes de longue durée ayant pour objectif d’éliminer des personnalités politiques ou militaires majeures des pays ennemis ou de conduire des sabotages sur des cibles invulnérables aux attaques aériennes ;
  • des infiltrations de courte durée, ayant pour finalité d’effectuer des reconnaissances tactiques spécifiques et des actions de destruction.

A partir de ce moment, les unités spéciales anglaises se virent impliquées dans l’ensemble des opérations extérieures en raison des multiplications des insurrections révolutionnaires et du terrorisme urbain. C’est également dans ce contexte que les FS britanniques connaitront un engagement très important.

Dans un discours, Margaret Thatcher déclarait : « la décision d’utiliser la force est difficile à prendre et je hais la violence. Mais il y a une chose que je hais plus encore c’est de céder à la violence». C’est dans ce contexte que l’accent des unités spéciales (luttes anti-insurrectionnelles dans les colonies par exemple) fut utilisé en Irlande du Nord sur de nombreux théâtres d’opérations[7]. Le comportement des Britanniques dans la lutte contre l’IRA fut influencé dès le départ par l’héritage des méthodes terroristes développées par le SOE pendant la guerre. Ainsi, des missions de renseignement et d’identification furent confiées à un groupe du ‘Parachute Regiment’ sous le nom de MRF. C’est la première unité qui opéra dans la clandestinité en Irlande du Nord et donc sur son territoire même. Cette nouvelle mission confiée aux SAS généra quelques tensions, pour laquelle David Stirling, le créateur de l’unité, n’était pas favorable, ce qui allait créer quelques tensions de par les modes d’opérations à savoir en tenue civile pour des actions non-militaires. Le commandement britannique mit sur pied plusieurs unités militaires clandestines comme la Force Research Unit, la 14th intelligence and Security Compagny, la 4th Field Survey Troop. Face à ces nouveautés, Londres mit au point une nouvelle doctrine anti-terroriste. On notera bien l’importance de faire la différence entre les actions anti-terroristes qui consistent à protéger les cibles et à résoudre des prises d’otages et les opérateurs de contre-terrorisme qui eux ont vocation à éliminer les agresseurs potentiels avant qu’ils n’agissent ou en rétorsion, souvent à l’étranger. C’est dans cette position, que les Forces Spéciales s’inscrivent dans un intervalle entre police et forces armées avec pour illustration le succès de l’opération lors de la prise d’otages de l’ambassade d’Iran à Londres le 5 mai 1980. Parallèlement à leur présence sur leur territoire, les unités ne cesseront de remplir des missions au sein des autres pays des Malouines à l’Afghanistan, mais également derrière le « rideau de fer »[8] dans la lutte antiguérilla…

Cette intégration dans le dispositif militaire a été très compliquée au même titre que les français car de nombreuses critiques se portaient sur leur rapport coût/efficacité et leur reprochaient d’être une armée dans l’armée. Ainsi, jusqu’au début des années 1980, il fut extrêmement rare qu’un officier issu du cercle des FS accède à de hautes responsabilités militaires. Cette mentalité change au même titre que la création d’une véritable doctrine d’emploi des FS britanniques. Les FS dépendent du Director Special Forces (DSF) créé en mars 1987 qui regroupe sous son commandement :

  • le SAS group ;
  • le 22nd (active), 21st (réserviste), 23st (réserviste) SAS et 63rd signals squadron ;
  • le Special Boat Service ;
  • la 14th Intelligence and Security Company ;
  • moyens aériens : 357th Royal Air Force Squadron, le 7th Royal Air Force Squadron et le 47th Royal Air Force Squadron.

Les conditions d’emplois généraux d’engagement de ces forces sont guidées par cinq considérations : l’action contre des objectifs à haute valeur stratégique, le commandement au plus haut niveau, les accès aux informations les plus secrètes, l’usage de directives d’action, la sûreté-sécurité-secret. Celle-ci rayonnant sur une organisation privilégiant la polyvalence, la recherche incessante de nouvelles solutions techniques et opérationnelles mais également une très grande communication d’influence et d’analyse systématique des opérations.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le drame de l’invasion allemande amena l’armée française à conduire de nombreuses opérations spéciales au sein des unités nationales, indépendantes ou formées et soutenues par les Alliés opérant en Afrique du Nord, en Extrême Orient ou en Europe. Les nombreuses opérations spéciales conduisent alors l’armée française à multiplier les unités en fonction des impératifs du moment sans que les États-Majors prennent en compte la réflexion du fond des opérations spéciales et de leur place au sein de l’appareil militaire. En effet, des dispositifs distincts relevant des armées et des services secrets se virent confier des opérations commandos et spéciales sans que cette distinction soit clairement établie :

  • émergeant en 1918 lorsque des petites équipes de volontaires se virent confier des missions derrière les lignes ennemies, c’est en 1939 que l’État-Major des Armées décida de créer un niveau régimentaire appelé les Corps Francs. Celui-ci sera en charge de conduire des reconnaissances sur la ligne de front ;
  • les 3e et 4e SAS recréés en 1940 en Angleterre sont des unités de l’infanterie de l’air. Ils participeront aux opérations en Lybie, en Tunisie mais également sur le territoire français ; en Bretagne, dans les Ardennes et en Franche-Comté ; en collaboration avec leurs homologues britanniques lors de la Seconde Guerre mondiale ;
  • le Bureau Central de Renseignement et d’Action (BCRA). Ce service secret de la France libre est créé par le Général Charles De Gaulle et sera fusionné avec les services de l’Armée en Algérie au sein de la Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS) en 1943 ;
  • le 1er bataillon des fusiliers-marins commandos est créé sous l’impulsion du Capitaine de corvette Kiffer au printemps 1942. Il interviendra sur des raids transmanche, pour le débarquement de Dieppe et sera utilisé comme force d’assaut jusqu’à la fin de la guerre ;
  • le Bataillon de Choc, créé en 1943 en Algérie à Staoueli, avait pour mission la destruction, et le harcèlement de l’ennemi, la protection et le soutien aux organisations militaires et de la Résistance. Conçu comme une unité spéciale, il servira au sein des opérations de libération de l’île d’Elbe, de la Corse, et de la France ainsi qu’à la réduction du IIIe Reich en Autriche et en Allemagne ;
  • les Commandos d’Afrique furent créés quelques semaines après le bataillon de choc ;
  • les Jedburghs étaient les représentants officiels du Commandant Suprême Interallié (CSI) auprès des responsables locaux de la résistance. Leurs missions étaient principalement l’évaluation des besoins des maquis, de réaliser des sauts en parachute de nuit sur l’ensemble des territoires occupés et d’instruire les partisans sur les armes, les nouveaux matériels mais également et surtout les liaisons radio ;
  • le Groupe Spécial Parachutiste de la Marine (GSPM), placé sous la coupe de la DGSS pour des missions spécifiquement marines et des actions contre les ports ;
  • le Groupe Naval d’Assaut (GNA) ;
  • le Corps Léger d’Intervention (CLI) créé en Algérie avait pour mission d’opérer principalement en Indochine contre les Japonais et le Vietminh. Cette unité formée à l’image des Britanniques devait réaliser un stage Jungle à Ceyclan. Celui-ci intégra le Commando Poncharlier sous l’appellation SAS/B. Outre les missions de base confiées à ce corps, le CLI développa également des missions de sauvetage combat afin de pouvoir récupérer les aviateurs qui se crashaient dans le delta du Mékong. Celle-ci a été dissoute en 1946 ;
  • les commandos de France, les Commandos de Paris, les Commandos de Province et les Commandos de Cluny créés en 1944 ;
  • les membres de la Force 136 ;
  • le Commandos Poncharlier destiné à l’Extrême-Orient est formé en janvier 1945.

Mais, confrontées à la libération de la France occupée et à cette bataille contre l’Allemagne Nazie, les forces armées eurent besoin de l’ensemble de leurs effectifs. Ainsi, systématiquement, les États-Majors détournèrent les unités spéciales de leur vocation première en leur confiant des missions de guerre classique et d’infanterie. A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, quasiment toutes les unités furent dissoutes pour donner naissance aux troupes aéroportées.

A partir de 1945, la lutte contre-insurrectionnelle en Indochine obligea les militaires français à s’adapter à une nouvelle forme de conflit. (…)

 

Lire la suite de cette dernière partie en version pdf (19 pages) >>> Julien Heckler – Les Forces Spéciales dans le Monde (Partie III)

 

*** Cette série de trois documents est issue du mémoire de recherche de Jukien Heckler, qu’il réalisa en fin d’études à l’Université de technologie de Troyes (UTT) et qui porte sur la place des opérations spéciales dans les conflits demain. Dressant un état des lieux historique de l’évolution des puissances, des menaces et des forces spéciales, elle se présente en trois parties, chacune vous proposant un extrait introductif en vous dirigeant vers le document intégral accessible en version pdf : 

I. Le nouvel ordre international (29 pages)  
II. Guerre et stratégie : comment combattre dans les guerres de demain (21 pages)  
III. Les forces spéciales dans le monde (19 pages). 

 

Photo © ministère des Armées


Notes de bas de page

[1] Sparte, lʼÉtat militaire – Theatrum Belli – 09 avril 2019 – https://theatrum-belli.com/sparte-letat-militaire/.

[2] Créé en 1973, le mouvement de résistance Afrikaner est un groupuscule d’extrême droite sud-africain prônant la suprématie blanche et la restauration des républiques boers du XIXe siècle au sein de l’Afrique du Sud.

[3] La guerre secrète contre Hitler – William Casez – édition Robert Laffont-  1991.

[4] Création de la ‘Special Boat Squadram’, ‘Long Range Desert Group’, ‘Pathfinders’, ‘Small Scale Raiding’, ‘Jedburghs’, ‘Royal Marine Boom Patrol Detachment’, ‘Royal Navy Beach Head commando’, ‘Chindts’, ‘Resistance Battalions’…

[5] Les maquis sont des groupes de résistants ou des lieux d’opérations cachés dans les régions faiblement peuplées.

[6] Nommé : ‘The Artists Rifle Regiment’. 

[7] Pour plus d’informations : Articles The long War partie 1 à 4 – Romain PETIT – 05 janvier 2020 – https://operationnels.com/2020/01/05/the-long-war-1-3/.  

[8] Expression de Winston Churchill utilisée dans un télégramme le 12 mai 1945 sur ses craintes de voir les forces soviétiques avancer.

[9] Commandos et Forces spéciales en Indochine– Raymond Muelle – Lavauzelle – 2001.

[10] L’Orientation de l’Action – Commissariat Général de France en Indochine – 16 novembre 1953. 

[11] Pour plus d’informations cf. Actions de choc et commandos en Algérie édition Trésor du Patrimoine- 1998.

[12] Mémoire  « La place prépondérante des armées face à des missions de sécurité globale en France » –  Mémoire de recherche Master II à l’UTT – Julien HECKLER – 2020.

[13] Livre Blanc de 2013 – FS page 94.

[14] Forces Spéciales l’avenir de la guerre. De la guérilla aux opérations clandestines – Éric Denécé – Éditions du Rocher – page 240- Novembre 2002.

[15] Illustrée dans les doctrines de l’OTAN, la guerre de l’information regroupe cinq composantes : la guerre électronique, les opérations psychologiques, la destruction physique des centres de commandement adverses, la sécurité de l’information et le leurrage.

[16] La révélation ou la divulgation, par quelque moyen que ce soit, de toute information qui pourrait conduire, directement ou indirectement, à l’identification d’une personne comme membre des unités des Forces Spéciales désignées par Arrêté du Ministre de la Défense ou des unités d’intervention spécialisées dans la lutte contre le terrorisme désignées par Arrêté du Ministre de l’Intérieur est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. Article 1 de l’Arrêté du 20 octobre 2016 relatif à la préservation de l’anonymat des membres des unités des Forces Spéciales – JORF n°0246 du 21 octobre 2016  texte n° 22 – www.legifrance.gouv.fr

[17] L’art de la Guerre – Sun Tzu – Chapitre 13.