Tiré de MINARAC – Le 12 mars dernier, un hackathon fut organisé à Balard par la Sous-direction de l’animation des opérations d’armement, du maintien en condition opérationnelle et de l’international (Sdami) SDAMIde la DGA autour du projet Kill Web. L’enjeu consiste à « améliorer l’efficacité de la chaîne de commandement » en reliant plus vite et plus efficacement capteurs, décideurs et effecteurs dans un environnement opérationnel saturé de données.
Lancé fin 2025, le projet vise à formaliser dès 2026 un « système de systèmes » capable d’accélérer, fluidifier et partiellement automatiser la préparation et la conduite du ciblage, ainsi que des appuis feux interarmées.
Le besoin découle directement de l’évolution des théâtres d’opérations. D’un côté, l’allonge croissante des effecteurs oblige chaque composante à s’appuyer sur des capteurs et des informations qui dépassent son seul périmètre : une unité terrestre engagée dans la profondeur ne pourra, par exemple, agir efficacement sans accès fluide à des données issues du spatial ou d’autres chaînes interarmées. De l’autre, la multiplication des capteurs, drones et flux d’information impose de nouvelles capacités de tri, de hiérarchisation et d’aide à la décision. Le Kill Web doit précisément répondre à cette double exigence : mieux partager la donnée et mieux l’exploiter en temps utile.
Dans cette logique, l’intelligence artificielle apparaît comme un levier important, mais non suffisant. L’article rappelle que l’IA peut contribuer au traitement, à l’analyse et à la priorisation des menaces, sans résoudre à elle seule la question décisive de la disponibilité de la donnée. Le cœur du sujet reste donc l’architecture d’ensemble : interconnexion des systèmes, circulation de l’information entre niveaux tactique, opératif et stratégique, et juste degré de connectivité pour préserver l’efficacité opérationnelle sans tomber dans une mise en réseau excessive.
Ce hackathon illustre la bascule doctrinale et capacitaire majeure que représente la transformation progressive des armées en un système de combat global connecté, où la supériorité ne repose plus seulement sur la performance de chaque plateforme, mais sur une bonne mise en réseau des systèmes et sur la capacité collective à raccourcir la chaîne renseignement – décision – action.
Pour en savoir plus, lire l’article sur lequel cette synthèse est basée : La DGA organise un hackathon pour optimiser la chaîne de commandement >>> https://www.defense.gouv.fr/dga/actualites/dga-organise-hackathon-optimiser-chaine-commandement
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