Dans l’entretien ci-dessous, le Général Laurent fait le bilan de l’Evolution du CSFA, qu’il commande de concert avec la zone de défense et de sécurité Sud–Ouest depuis l’été 2011. Ce commandement, né en 2008 du programme AIR2010, doit fusionner cet été avec le CFA (commandement des forces aériennes) : une réforme mettant en avant sa fonction première d’accompagnement des forces « au cœur de la manœuvre opérationnelle », ainsi que sa performance technico-opérationnelle le prouve OPEX après OPEX : Serval n’a pas fait exception malgré des conditions difficiles d’un théâtre caractérisé par « l’amplitude de son champ opératoire » et « l’accélération du temps opérationnel », et face auxquelles le CSFA a su s’adapter en permanence.

Depuis votre entrée en fonction à la tête du CSFA, quelle a été l’évolution du soutien des forces aériennes et quelles sont ses perspectives ?

Depuis 2010, l’environnement de ce qui s’appelle le soutien des forces aériennes a beaucoup changé.

A cet égard, le qualificatif «transformation » est plus approprié pour une réalité qui n’est pas qu’une simple « évolution». Chaque armée dispose en son sein d’éléments dynamiques de soutien qui sont intimement liés au tempo opérationnel de ses engagements et qui sont particulièrement marqués par le milieu dans lequel elle s’exprime. Cette forme de soutien a pour objectif de subvenir à des besoins opérationnels immédiats et de proximité qui ne relèvent pas toujours d’une planification à moyen ou long terme et qui sont même souvent marqués du sceau de l’aléatoire. C’est la raison pour laquelle, afin de traduire correctement la finalité de ce soutien, je parle souvent « d’appui», car il s’agit pour lui d’accompagner la manœuvre opérationnelle, souvent d’ailleurs de la devancer, et de générer des solutions technico-opérationnelles pour la faciliter plutôt que de répondre à un seul besoin de production technique. Ainsi, en ce qui concerne le CSFA, on est plus dans une logique de «forces de soutien» que de «soutien des forces». Cette distinction ne doit pas être considérée comme une subtilité sémantique. Elle traduit clairement le fait que les hommes et les femmes du CSFA sont autant des combattants que des techniciens et qu’ils ne font pas partie de l’environnement des forces mais en sont une partie intégrante. De fait, un aviateur – c’est-à dire un personnel relevant de l’armée de l’air – sur deux, et parfois plus en début ou en fin d’engagement dans les zones de crise, relève de ce commandement, qui n’est pas qu’une direction technique de l’armée de l’air mais représente sa composante technico-opérationnelle. Pour être clair et précis, au CSFA on ne fait pas de la technique pour la technique. On ne produit pas des services de soutien. Au CSFA, comme dans les autres commandements de l’armée de l’air, on produit de la capacité opérationnelle dont la vocation est un effet militaire. On est donc bien au cœur de la Force.

D’ailleurs, l’ambiguïté portée par le nom de ce commandement sera bientôt levée car il va fusionner avec un autre commandement de l’armée de l’air, le CFA (Commandement des forces aériennes), qui dirige les «opérateurs» de l’armée de l’air qu’ils soient liés aux systèmes d’armes, aux systèmes de C2 (commandement et contrôle) ou aux systèmes de protection. Le CSFA sera ainsi fondu dans ce qu’il convient d’appeler «Les Forces aériennes» de l’armée de l’air dont il composera environ la moitié des effectifs.

Sans remettre en cause le programme Air2010 qui lui a donné naissance, le CSFA ne s’est pas figé sur son modèle de 2008 et s’est transformé au gré des différentes réformes et modernisations de l’outil de Défense qui ont sensiblement modifié le panorama des acteurs du Soutien. Celui-ci s’est d’abord caractérisé par un fort mouvement de mutualisation interarmées (SIC – systèmes d’information et communication – non spécifiques, soutien de l’Homme, etc.) et ministériel (Infrastructure par exemple). Ces changements majeurs dans la gouvernance du soutien, ajoutés à la modification du format des forces (Livre blanc de 2008) et aux rationalisations de la RGPP, ont conduit à une diminution de moitié des effectifs du CSFA et au transfert vers des centres de services partagés (CSP) de nombreuses fonctions de soutien. Par ailleurs, une dynamique soutenue d’industrialisation des opérations de maintenance aéronautique a conduit à une externalisation très significative du MRO (Maintenance, Repair and Overhaul) vers l’industrie du secteur étatique ou privé de l’ASD (aéronautique, spatial, défense), en particulier en ce qui concerne les opérations du deuxième niveau technique NTI2. J’estime qu’aujourd’hui et en moyenne, le NSI – Niveau de soutien industriel – a atteint un taux de 75 à 80 % du MRO. Cette proportion est très importante et le NSO – Niveau de soutien opérationnel – résiduel (soutien effectué par les unités du CSFA) frôle une limite basse qui ne pourra être franchie sans que la capacité opérationnelle soit affectée. Au final, par le biais de transformations, rationalisations et industrialisations, le CSFA a vu ses effectifs rejoindre une cible actuelle d’environ 12000 personnes, à plus de 90% militaires, et le contexte opérationnel l’a fait se recentrer sur deux grandes familles de missions opérationnelles qui sont au cœur des opérations de l’armée de l’air : l’appui aux systèmes d’armes et l’appui à la manœuvre aérienne. Ces appuis se concrétisent aussi bien sur les bases aériennes, conçues comme le véritable outil de combat de l’armée de l’air, et en OPEX, au sein des détachements de forces aériennes.

  • La première de ces missions est l’appui technico-opérationnel aux systèmes d’armes. Il s’agit principalement de ce qu’on appelle le MCO (maintien en condition opérationnelle), qui ne couvre pas uniquement le MRO. Dans le sigle MCO, la dernière lettre, qui traduit son caractère opérationnel, est fondamentale et si le MCO recouvre, bien entendu, de la maintenance, il ne se limite pas à cette activité. Ainsi, préparer un aéronef pour une opération aérienne (configuration du système d’armes, montage de l’armement, mise en œuvre des capteurs, préparation des dispositifs de guerre électronique, etc.), ce n’est pas de la maintenance. C’est de l’action de combat. Ces opérations demandent des expertises spécifiques que les «techniciens combattants » doivent être en mesure de développer dans toutes les situations et, en particulier, celles qui s’inscrivent dans un tempo très soutenu, celles qui sont marquées par un contexte logistique dégradé, et celles qui font face à l’incertitude sécuritaire. Pour réaliser l’appui technico-opérationnel aux systèmes d’armes, le CSFA s’appuie principalement sur des escadrons de technique aéronautique (ESTA), des escadrons de logistique aéronautique (ESRT) et des escadrons de mise en œuvre des matériels d’environnement aéronautique (ESME).
  • Le second volet opérationnel du CSFA est celui de l’appui à la manœuvre aérienne. Il est très complémentaire de l’appui aux systèmes d’armes auquel il offre souvent le cadre fonctionnel (installations aéronautiques et dispositifs informationnels). Mais il agit aussi pour d’autres éléments des forces armées à qui il permet parfois de réaliser des missions complexes et sensibles dans la troisième dimension (commandement des opérations spéciales, armées de terre et de mer). L’appui à la manœuvre aérienne, c’est principalement deux domaines d’intervention.
  • Le premier est celui des systèmes d’information et de communication aéronautiques (SIC Aéro). Il s’agit d’un secteur spécifique des SIC qui regroupe les systèmes de commandement et de contrôles (C2), les radars aériens et spatiaux, les liaisons aériennes tactiques, l’équipement des plateformes aéronautiques, etc. C’est aussi, et le sujet est très clairement central aujourd’hui, un appui en matière de cyberdéfense (le CSFA anime le centre technique de l’armée de l’air en la matière). Pour appuyer la manœuvre tactique des SIC aéro, nous avons des escadrons dédiés sur les bases aériennes (ESICAéro – Escadrons des SIC aéronautiques). Le CSFA a aussi créé un groupement tactique des SIC aéro, positionné à Evreux, qui est une forme de « régiment SIC » car il s’agit d’une unité immédiatement projetable, particulièrement mobile, présente sur tous les théâtres d’opérations et au cœur des zones de crise (FOB en Afghanistan, auprès des forces spéciales, dans les ATL2 de la Marine lors d’Harmattan, au Sahel bien entendu, etc.). Hormis la mise en œuvre des systèmes tactiques, l’expertise rare et recherchée du CSFA est surtout la capacité de concevoir les architectures de C2 des opérations aériennes.
  • Le second domaine d’intervention de l’appui à la manœuvre est celui du «génie des opérations aériennes». Il s’agit de la capacité à mettre en place les conditions d’accueil des systèmes d’armes, de leurs opérateurs et de leurs techniciens opérationnels. En métropole, il porte l’expertise unique en matière d’installations aéronautiques des bases aériennes (installations de la dissuasion, aires aéronautiques, tour de contrôle, hangars, centres de commandements, etc.) que le Service d’Infrastructure de la Défense (SID) traduit ensuite, avec les entreprises du BTP, en projets d’infrastructure. En opération, le rôle des forces du génie aérien est de développer et construire les dispositifs de stationnement et d’opération des détachements de l’armée de l’air. Il s’agit, entre autres, de déminer et sécuriser les terrains, comme en Afghanistan. Il s’agit aussi d’y construire ou de restaurer des pistes aéronautiques, comme à Tessalit au Mali, de développer des installations aéronautiques qui permettent à notre aviation interarmées d’opérer comme à Niamey, Bamako, Gao mais aussi, lors d’Harmattan, à Souda et Sigonella et, en Asie centrale, à Djibouti et au Tchad, etc.

« Afin de traduire correctement la finalité de ce soutien, je parle souvent « d’appui », car il s’agit pour lui d’accompagner la manoeuvre opérationnelle, souvent d’ailleurs de la devancer, et de générer des solutions technicoopérationnelles pour la faciliter plutôt que de répondre à un seul besoin de production technique. Ainsi, en ce qui concerne le CSFA, on est plus dans une logique de « forces de soutien » que de « soutien des forces »

Le CSFA va poursuivre, au sein de l’armée de l’air, ce processus de maturation opérationnelle par un rapprochement fonctionnel et organique avec le CFA. Celui-ci permettra de rendre encore plus robuste la chaîne de commandement technico-opérationnelle. Il mettra aussi et surtout l’armée de l’air dans la meilleure posture pour faire face aux nouveaux enjeux de défense, d’innover utilement en matière de concepts et de doctrines d’emploi par une plus grande complicité entre combattants de l’armée de l’air, d’optimiser la préparation des forces au moment où les ressources humaines et matérielles doivent faire l’objet d’une gestion particulièrement fine, d’amplifier la cohérence entre opérateurs et techniciens de façon à apporter aux décideurs les meilleurs solutions capacitaires et de maîtriser les risques de façon encore plus efficace (facteur humain, sécurité aérienne, maîtrise des ressources, etc.).

L’arme aérienne a été essentielle pour réussir la première phase de Serval : quel premier bilan faites-vous de cette opération particulièrement exigeante ?

Serval, pour l’armée de l’air et de façon plus pragmatique pour les forces d’appui aéronautique, a constitué un défi extraordinaire et un engagement où les qualités du combattant que sont l’expertise, l’efficacité, la robustesse et la résilience se sont révélées indispensables mais aussi parfaitement maîtrisées. Le théâtre et l’engagement, vus des techniciens, ont présenté des caractéristiques spécifiques en termes d’élongation et de modes opératoires. Contrairement à l’Afghanistan et à la Libye, il nous a fallu opérer sur des distances intra théâtre considérables et avec un dispositif aérien particulièrement étendu qui a considérablement complexifié le fait logistique pour lequel la pénurie historique en moyens de transport aérien (stratégique ou tactique) n’arrange rien. En effet, le théâtre malien est, comme en Afghanistan, un théâtre enclavé au cœur d’un vaste continent. Dans ces conditions, les capacités de ravitaillement logistique par les airs sont, pour des raisons d’accessibilité mais aussi de réactivité, les plus pertinentes et celles qui répondent plus directement aux enjeux politiques et sécuritaires. L’opération dans cette région subsaharienne a aussi été marquée par son architecture opérationnelle s’appuyant sur plusieurs sites qui couvrent une large partie du Sahel. La médiatisation des opérations se concentre souvent sur les zones les plus « chaudes » de l’engagement de nos forces nationales, mais il faut comprendre qu’une opération aérienne implique un espace de dimension continentale ou, pour le moins, subrégionale qui structure profondément leur réponse opérationnelle. Ainsi, si le Mali est le point de focalisation des effets militaires, l’action des forces aériennes, et singulièrement des forces d’appui, doit se comprendre dans un vaste réseau de bases de théâtre qui interagissent ensemble et qui relèvent d’une architecture opérationnelle interconnectée (à l’image, d’ailleurs, du réseau des bases aériennes de métropole). Le CSFA a donc dû faire face, dans les domaines d’actions qui sont les siens, à cette amplitude du champ opératoire et chaque mouvement de systèmes d’armes de France vers le Sahel ou d’un site du théâtre vers un autre a répondu à une logique d’ensemble qui impose une approche globale du théâtre et rejette, pour ce volet aérien, toute segmentation par pays ou forme d’engagement (coexistence de trois opérations régionales aux objectifs initiaux différents : Epervier, Serval et Sabre). Cette capacité de gestion technico-opérationnelle globale est une des forces du CSFA. Bien entendu, il n’est pas seul, ne s’arroge pas l’intégralité du succès opérationnel de l’opération et a œuvré en parfaite observance des orientations données par les pilotes opérationnels (CPCO- centre de planification et de conduite des opérations – et CDAOA – commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes -), et en intelligence avec les structures de conduite du soutien (CICLO – centre interarmées de conduite logistique opérationnelle -, CMT – centre multimodal du transport -), les prestataires aériens opérationnels (dont l’EATC – European Airlift Transport Command -) et les services de soutien partagé.

« Le CSFA a toujours été proactif dans la manœuvre et on se rappellera que les premiers aviateurs sur le sol malien comptaient principalement des techniciens de ce commandement. »

Si la géographie a conditionné l’action des forces d’appui opérationnel de l’armée de l’air, les modes d’action ont aussi été déterminants dans la façon d’appréhender le soutien opérationnel de Serval. En Afghanistan, le dispositif aérien français s’est déployé progressivement en périphérie du théâtre (Kirghizstan, Tadjikistan et EAU) en développant des structures d’appui robustes (je pense entre autres à Manas que j’ai eu l’honneur de commander). Elles ont permis d’accroître graduellement la pression sur l’adversaire. Puis, la France a investi des bases aériennes coalisées du pays qui sont devenues des centres d’activité opérationnelle dont la capacité et les moyens resteront des références historiques (en particulier, Kandahar ou Bagram). En Libye, le dispositif aérien a effectué, de façon nouvelle depuis la seconde guerre mondiale, des missions de combat «aller et retour» depuis le sol national (continent ou Corse). Cette période initiale a permis aux forces de soutien opérationnel du CSFA de conjuguer à la fois un appui aux opérations en cours, et de préparer les redéploiements du dispositif qui allaient s’opérer au plus près de la Libye (Souda en Crête et Sigonella en Sicile). Si l’opération Harmattan a été marquée par une accélération considérable du processus opérationnel (par rapport à l’Afghanistan) et par une course permanente contre la montre, le déroulement du processus opérationnel s’est néanmoins fait de façon échelonnée et la projection de puissance d’une part, et de forces d’autre part, s’est faite dans un ordre opérationnel favorable en projetant l’appui opérationnel de sites en sites avant que les opérateurs de systèmes d’armes (équipages et techniciens, entre autres) s’y installent. A cet égard, on peut se féliciter d’un mécanisme technico-opérationnel parfaitement huilé qui n’a jamais connu la moindre interruption opérationnelle, ni le moindre day-off durant les huit mois de l’engagement.

Pour Serval, la situation opérationnelle a été quelque peu différente et a constitué un challenge aussi nouveau que singulier pour les forces d’appui. Si les premières missions aériennes ont été déclenchées, comme pour Harmattan, avec un délai qui se compte en heures, les projections de puissance et de forces se sont faites simultanément car les Rafale partis de Saint-Dizier se sont posés en Afrique avant leurs techniciens, même s’ils ont profité de l’appui offert par la base de N’Djamena. Il a donc fallu beaucoup d’ingéniosité, de pragmatisme mais aussi d’énergie et de détermination aux échelons techniques d’appui pour « suivre et appuyer » la manœuvre et l’anticiper autant que faire se peut. Il en a été de même pour les redéploiements sur Bamako et autres aérodromes régionaux pour lesquels la contraction du temps entre la projection des aéronefs et la manœuvre logistique a été extrême et s’est conjuguée, en outre, à un déploiement terrestre d’ampleur qui n’existait pas pour Harmattan et n’avait pas été conçu de la même façon en Afghanistan.

Néanmoins, le CSFA a toujours été proactif dans la manœuvre et on se rappellera que les premiers aviateurs sur le sol malien comptaient principalement des techniciens de ce commandement. L’opération Serval aura donc été marquée par une nouvelle accélération du temps opérationnel qui s’est poursuivie tout le long de l’engagement. En effet, après l’entrée en premier réalisée par l’armée de l’air, les forces au sol (dont un certain nombre d’aviateurs des unités du génie aérien du CSFA) ont progressé vers le Nord du Mali avec rapidité et puissance dans un environnement rustique et non sécurisé. A cet égard, je me félicite de la façon dont les combattants techniciens de l’armée de l’air se sont comportés dans l’engagement dans les régions de Gao et de Tessalit où ils ont permis que les forces terrestres et aériennes progressent avec le soutien logistique nécessaire.

Enfin, Serval a été le cadre d’un engagement simultané de toutes les composantes aériennes de l’armée de l’air et avec une activité particulièrement dense pour toutes. Si comme dans les autres opérations, l’aviation de combat a été au premier plan de la projection de puissance, avec un système d’armes Rafale qui continue de révolutionner le combat depuis les airs avec une efficacité et une adaptabilité exceptionnelles, l’aviation de transport a eu son heure de gloire avec des opérations aéroportées remarquables de conception et de réalisation et les systèmes de drones ont montré combien ils apportaient une nouvelle dimension à l’action politico-militaire. Derrière ces systèmes, des techniciens se sont battus et ont donné le maximum d’eux-mêmes pour extraire de nos vieux Transall à bout de souffle l’énergie opérationnelle nécessaire et de nos rares drones Harfang la disponibilité qui leur permet d’agir pendant des dizaines d’heures de façon ininterrompue.

Voilà donc le premier Retex succinct que je fais en concluant avec ces trois points que je considère fondamentaux :

  • Serval a avant tout mis en exergue des hommes et des femmes extraordinaires capables de l’impossible et qui s’évertuent à extraire le meilleur des systèmes d’armes avec des ressources et un contexte logistique sévères.
  • Serval, c’est aussi une organisation du Soutien opérationnel qui a confirmé son caractère Combat Proven. Mon souci est qu’elle conserve sa pertinence et sa cohérence malgré les tensions budgétaires et la tentation, pour certains, d’y détecter quelques économies aussi improbables que de court terme. Car, le soutien opérationnel n’est pas un élément d’environnement de la capacité militaire, il en est la substance même. Il faut même se convaincre que, dans l’aérien, «l’intendance» opérationnelle ne suit pas l’engagement des forces, mais qu’elle doit au contraire le devancer et que de sa puissance naît celle des effets militaires. Son concept et son organisation doivent donc s’inscrire dans ce principe absolu.
  • Enfin, pour terminer en se projetant dans l’avenir et le préparer, les forces d’appui doivent poursuivre leur maturation opérationnelle. Elles doivent imaginer et concevoir le soutien opérationnel de demain qui doit envisager des engagements toujours plus réactifs, plus éloignés, plus durs, plus complexes. Elles doivent en particulier poursuivre leur combat contre le temps dont l’échelle ne se compte plus en jours ou en semaines mais résolument en heures. Elles doivent rechercher et adopter les meilleurs facteurs de robustesse et de résilience. Elles doivent enfin, comme je l’ai en permanence exigé de mes unités, toujours combattre et raisonner en effet opérationnel à atteindre avant de penser production technique de soutien.