Brève – Avec le retrait du Transall, l’armée de l’Air et de l’Espace a perdu un appareil dont la rusticité et le faible encombrement permettaient d’accéder à des terrains sommaires particulièrement difficiles d’accès, une aptitude que l’A400M, plus lourd et volumineux, ne peut pas remplacer à l’identique, étant donné leurs différences de conception, notamment en termes de capacité d’emport (voir le comparatif)[1].

L’Atlas acquiert cependant peu à peu de nouvelles capacités tactiques sur pistes courtes et non revêtues, progressivement élargies et testées au cours d’exercices et d’opérations (poser d’assaut sur piste sommaire dans le désert du Grand Bara à Djibouti en 2022[2] ; poser d’assaut en Alaska pendant Pégase 2024[3] ; capacité d’opération sur piste non revêtue de moins de 750 mètres[4] ; expérimentation par l’équipe de marque avion de transport tactique (EMATT) du Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) en janvier 2025 de poser sur pistes sommaires glacées et enneigées par – 45 degrés celsius au Canada[5] ; etc).

La nouvelle piste tactique de la BA 123 d’Orléans-Bricy doit précisément permettre aux équipages de s’entraîner à ce type de contraintes dans des conditions les plus proches possibles de la réalité du terrain.

 

Ci-dessous, le résumé de l’article publié le 29 septembre dernier par le SGA (Secrétariat général pour l’administration) et consultable via ce lien >>> https://www.defense.gouv.fr/sga/actualites/ba-123-piste-sentrainer-au-plus-operations

 

La BA 123 d’Orléans-Bricy dispose depuis mi-septembre 2026 d’une nouvelle piste tactique destinée à entraîner les équipages de transport militaire, notamment ceux de l’A400M, aux opérations en terrain sommaire. L’objectif est de reproduire en France des conditions proches de celles rencontrées en opération, lorsque les appareils doivent décoller ou se poser loin d’infrastructures aéroportuaires classiques.

L’installation comprend deux pistes parallèles non revêtues, longues de 1 550 mètres et larges de 30 mètres. Elles pourront accueillir l’A400M ainsi que d’autres avions de transport tactique et d’assaut. Un balisage lumineux autorise l’entraînement de jour comme de nuit pendant huit mois de l’année, tandis qu’un dispositif hydraulique protège le terrain contre les intempéries.

Le projet s’inscrit dans la transformation de la BA 123 et son adaptation continue à la montée en puissance de l’A400M. Commencé en novembre 2022, le chantier a déjà été partiellement utilisé en novembre 2025 lors de l’exercice TARANIS, consacré à l’entraînement tactique du transport aérien dans des scénarios exigeants.

En renforçant la capacité française à s’entraîner en métropole à l’atterrissage et au décollage sur terrains rustiques, une compétence centrale de l’A400M et du transport aérien tactique, cette nouvelle piste réduit ainsi l’écart entre l’entraînement quotidien et les conditions réelles d’une projection opérationnelle.

 

Notes 

[1] Ce tableau a été réalisé avec l’aide de l’IA à partir des données issues des sources suivantes :

Voir également sur ce sujet : Benoît Michel, Les opérations aéroportées : la profondeur stratégique en question, Focus stratégique, n° 37, Ifri, mai 2012, et plus particulièrement le tableau publié en annexe page 56. Ce tableau, établi avant l’entrée en service opérationnel de l’A400M, présentait les caractéristiques alors prévues de l’appareil.

[2] https://www.defense.gouv.fr/operations/actualites/ffdj-campagne-denvergure-a-djibouti-la400m

[3] https://www.defense.gouv.fr/air/actualites/pegase-2024-polyvalence-la400m-au-profit-lexercice-arctic-defender-aux-etats-unis

[4] https://www.airbus.com/en/products-services/defence/military-aircraft/a400m ; https://cloud.contactad.airbus.com/en-a400m

[5] https://www.defense.gouv.fr/air/actualites/experimentation-la400m-lepreuve-du-froid

 

Crédits photos

Photo 1 : FFDJ, Djibouti, 2022, https://www.defense.gouv.fr/operations/actualites/ffdj-campagne-denvergure-a-djibouti-la400m

Photo 2 : AAE, https://www.defense.gouv.fr/sga/actualites/ba-123-piste-sentrainer-au-plus-operations