La rédaction – Conçu pour préparer les forces françaises à des engagements de haute intensité, l’exercice ORION 26 a mis à l’épreuve la capacité des unités parachutistes à conduire une manœuvre interarmes dans un environnement contesté. Au cœur du dispositif, le 3e RPIMa a notamment expérimenté un impératif devenu central dans le combat moderne : accélérer le cycle information-décision-action pour comprendre et frapper plus vite que l’adversaire.
L’exercice ORION 26 a offert un cadre particulièrement exigeant pour tester les capacités de la 11e Brigade parachutiste (11e BP) à conduire une manœuvre interarmes dans un environnement de haute intensité. Au cœur du dispositif, le 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (3e RPIMa) commandait le groupement tactique interarmes (GTIA) Bruno, structuré autour de trois compagnies de combat, d’un train de combat et d’un poste de commandement tactique, renforcés par des capacités de reconnaissance, d’artillerie et du génie.
La manœuvre a débuté par une opération aéroportée de grande ampleur, avec le largage de plus de 700 parachutistes sur le camp de Coëtquidan, en coordination avec la 16th Air Assault Brigade britannique et une section de parachutistes italiens. Au total, plus de 1500 combattants ont participé à cette manœuvre interalliée, mobilisant plusieurs régiments de la 11e BP (1er RCP, 1er RHP, 17e RGP, 35e RAP). Le 1er régiment du train parachutiste (1er RTP) a assuré la mise à terre des colis logistiques, des équipements médicaux et des véhicules légers indispensables à la poursuite de la manœuvre1.
Une fois au sol, les unités ont enchaîné les phases de progression tactique, de saisie d’objectifs et de combat en zone urbaine, dans une logique interarmes complète : dépiégeage et franchissement par les sapeurs du 17e RGP, appui-feu des mortiers de 120 mm du 35e RAP, reconnaissance des hussards parachutistes du 1er RHP et coordination aérienne assurée par des JTAC en liaison avec des Mirage 2000. L’exercice illustre la logique propre aux unités parachutistes : entrée en premier, dispersionn rapide dans la profondeur et maintien de l’initiative face à un adversaire contestataire.
Au-delà de la manœuvre tactique, ORION 26 a également mis en lumière l’un des défis majeurs des opérations aéroportées modernes : durer dans un environnement logistique volontairement contraint. Projeté avec un volume limité de véhicules, le GTIA Bruno a dû gérer avec précision ses ressources, notamment en énergie, munitions, eau et soutien médical, afin de maintenir son potentiel de combat dans la durée.
La conduite des opérations reposait sur un dispositif de postes de commandement résilients, avec un PC principal et un PC miroir dissocié afin de limiter la vulnérabilité du dispositif. Le poste de commandement du GTIA a été évalué selon le référentiel ANTARES par le Centre d’entraînement et de contrôle des postes de commandement (CECPC), testant notamment la capacité à produire des ordres dans des délais contraints, à coordonner les effets interarmes et interalliés, ou encore à faire face à des menaces réalistes, telles que drones, guerre électronique ou attaques directes contre les PC.
Enfin, l’exercice a permis d’éprouver l’intégration de nouvelles capacités, telles que drones d’observation, capteurs, moyens de guerre électronique, désormais essentiels pour accélérer la compréhension du champ de bataille et la prise de décision tactique.
Pour le 3e RPIMa, ORION 26 constitue ainsi une étape importante dans la préparation opérationnelle à des engagements de haute intensité, illustrant le rôle des forces parachutistes dans la manœuvre moderne : s’emparer rapidement d’objectifs, agir dans la profondeur et conserver l’initiative au sein d’une coalition. De fait, La participation de la 11e brigade parachutiste à ORION 26 s’inscrit également dans une logique de coopération interalliée structurée. La brigade française opère en effet régulièrement avec la 16th Air Assault Brigade britannique au sein de l’Airborne Combined Joint Force (A-CJF), une force aéroportée franco-britannique créée en 2013 et destinée à fournir une capacité d’entrée en premier et de réaction rapide en cas de crise. Lors de l’exercice ORION, les deux brigades ont ainsi planifié et conduit une insertion aéroportée commune, avec l’appui d’éléments de reconnaissance et d’un état-major conjoint, illustrant la capacité des forces aéroportées européennes à se déployer rapidement et à combattre ensemble dans un scénario de crise de type OTAN2.
Dans un contexte marqué par le retour du combat de haute intensité, l’exercice souligne ainsi la nécessité pour les forces aéroportées de combiner projection rapide, autonomie logistique et capacité à synchroniser les effets dans la profondeur du champ de bataille.
Notes et références :
1 NB : ANTARES est le référentiel utilisé par le Centre d’entraînement et de contrôle des postes de commandement (CECPC) pour évaluer les états-majors tactiques. Il s’agit d’un dispositif d’évaluation de la performance des postes de commandement, qui mesure notamment la capacité à produire un ordre d’opération dans un délai contraint, la conduite simultanée de la planification et de la conduite des opérations, la coordination interarmes et interalliée, la capacité à maintenir le commandement sous menace (drones, EW, attaques sur PC), la continuité du commandement lors des bascules de postes de commandement.
2 Voir sur ce sujet :
- https://www.army.mod.uk/news/british-paratroopers-make-french-connection
- https://defenceleaders.com/news/franco-british-paratroopers-rehearse-rapid-crisis-response-in-major-airborne-exercise
*Pour en savoir plus, voir l’article l’article publié sur le site MINARAC, source principale de cette brève : https://www.defense.gouv.fr/terre/actualites/orion-26-3e-regiment-parachutistes-dinfanterie-marine-lepreuve-haute-intensite), lequel donne notamment le détail et les liens suivants : « L’exercice a débuté par une opération aéroportée de grande ampleur, conduite après une campagne aérienne ayant contribué à dégrader les capacités adverses. Plus de 700 parachutistes français de la 11e BP ont ainsi été largués sur le camp de Coëtquidan, matériel sur le dos, en coordination avec les forces britanniques de la 16th Air Assault Brigade et une section de paras italiens. Cette mise à terre a mobilisé plusieurs régiments de la brigade : le 3e RPIMa, le 1er régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP), le 1er régiment de hussards parachutistes (1er RHP), le 17e régiment du génie parachutiste (17e RGP) et le 35e régiment d’artillerie parachutiste (35e RAP). Au total, plus de 1500 combattants ont participé à cette manœuvre interalliée, démontrant la capacité de la brigade à agir rapidement, en coalition, dans un cadre exigeant. Parallèlement aux largages des combattants, du matériel a été mis à terre grâce au concours du 1er régiment du train parachutiste(1er RTP) : colis de ravitaillement, armement, équipements médicaux et véhicules légers. Ces capacités sont essentielles pour permettre aux unités parachutistes de durer au combat dès leur mise à terre, dans un cadre logistique volontairement contraint. »
Photo : PC © armée de Terre, telle que publiée dans : https://www.defense.gouv.fr/terre/actualites/orion-26-3e-regiment-parachutistes-dinfanterie-marine-lepreuve-haute-intensite